Halte au sexisme !

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Toute cette semaine, les médias ont débattu de la nécessité pour les deux candidats à la présidence de mettre une femme sur leur ticket.

Il semblerait que le sexisme dont a été victime Hillary pendant toute la durée des primaires n'a pas été suffisant : le drame continue. Les femmes politiques sont présentées comme des ornements "qui font joli" et que l'on doit mettre sur un ticket pour faire bien, pour faire de la figuration, sorte d'alibi que se procurerait chaque candidat afin de convaincre les électrices de voter pour lui.

Cette fois-ci, trop c'est trop : nous rappellerons dans un futur article qui sera publié dans les prochains jours, à quel point la sénatrice, parce qu'elle est une femme, a été victime d'un lynchage médiatique sans précédent. Le phénomène n'est bien sûr pas propre aux Etats-Unis : en France, nous avons assisté l'année dernière, et nous assistons encore actuellement à un triste spectacle du même genre. La presse et le monde politique se déchaînent contre Ségolène Royal, candidate malheureuse à la présidentielle, et aujourd'hui principale opposante au président Nicolas Sarkozy. Cette dernière ne peut ouvrir la bouche sans provoquer des réactions du type : "elle est totalement hystérique ; elle est parano ; elle perd ses nerfs", de la part des médias mais aussi des autres hommes politiques, qui la dénigrent systématiquement et se moquent d'elle.

Les femmes politiques et les femmes en général commencent à être lassées de ce traitement injuste et sexiste. Les hommes dominent la scène politique, sont les plus nombreux à occuper les postes importants dans les rédactions des grands journaux et des chaînes de télévision, et la situation n'est finalement pas très différente de celle du 19ème siècle, où la femme devait s'en tenir au rôle de "Angel in the house" et passait ses journées à s'occuper de sa maison et de ses enfants, puis réconfortait son mari le soir quand il rentrait épuisé du travail.


Pour le monde politique, pour les médias, il semblerait qu'une femme politique ne peut donc être prise au sérieux. Le plaidoyer auquel on assiste actuellement pour que Obama choisisse comme vice-présidente soit Hillary, soit Kathleen Sebelius, gouverneur du Kansas, soit Claire McGaskill, sénatrice du Missouri ; et pour que Mc Cain mette sur son ticket Carla Fiorina, ancienne directrice de Hewlett Packard, Sarah Palin, gouverneur de l'Alaska, ou Condoleezza Rice,Secrétaire d'Etat, confirme le mépris dont sont victimes les femmes. En fait, il faudrait les choisir non parce qu'elles sont compétentes, mais parce qu'elles sont des femmes. Pour Obama, cela serait encore plus crucial que pour le candidat Républicain, car lui doit absolument essayer de récupérer les voix de toutes les femmes dont la blessure ne se referme pas, celles qui ont soutenu corps et âme Hillary, celles qui actuellement se déchaînent sur les blogs tels que Puma ou Just say no deal, celles qui tentent de faire pression sur le Parti Démocrate pour que les superdélégués puissent voter pour Hillary à Denver, celles qui ont bien l'intention de se faire entendre là-bas.

Penser que le simple fait de mettre un nom féminin sur un ticket présidentiel suffira à calmer la colère des supportrices de Hillary, qui ont assisté impuissantes pendant des mois à l'humiliation de leur candidate par son adversaire, par les journalistes, et par la direction du Parti Démocrate, penser qu'elles désirent voir Hillary s'associer à quelqu'un qui s'est acharné à la détruire politiquement et à discréditer son mari, ancien président encore très populaire dans l'opinion, c'est prouver que rien n'a été compris au malaise et à la rancoeur que ressentent aujourdhui encore beaucoup d'Américaines, tout au fond de leur coeur.

Ce que veulent ces femmes, c'est voir Hillary Clinton, non pas devenir la doublure d'un candidat qui n'a aucune crédibilité, mais entrer dans le Bureau Ovale. 

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