La tournée d'auto-promotion de M.Obama

Publié le

La semaine prochaine, Barack Obama va entreprendre un voyage de plusieurs jours à l'étranger, qui le mènera du Moyen-Orient en Europe. Le 25 juillet il sera reçu à l'Elysée par le président Sarkozy.
L'un des temps forts de ce voyage devait être un discours prononcé à la porte de Brandebourg : Obama se voyait déjà en nouveau Kennedy - Michelle à ses côtés à la place de Jackie - hurlant à la foule en délire : "Ich bin ein Berliner !"
Heureusement, la chancellière Angela Merkel n'a pas souhaité accéder à sa requête, et lui a poliment fait comprendre qu'il devrait s'exprimer en un autre lieu : pour elle, il aurait été en effet déplacé qu'un candidat à la présidentielle se serve d'un symbole aussi fort pour une opération d'auto-promotion électorale.

Et sur ce point, elle a entièrement raison : car, qu'est-ce que cette tournée de Obama en Europe et au Proche-Orient, sinon une gigantesque opération de propagande destinée aux seuls Américains ?
Barack Obama vient en effet de prendre connaissance d'un sondage inquiétant : sur tous les sujets, les Américains lui font plus confiance qu'à John MCCain, excepté sur celui de la politique étrangère. Surprenant lorsque l'on sait que John Mc Cain, en tant que candidat Républicain, est en fait le successeur de George Bush , dont la politique extérieure est jugée comme un désastre par une très large majorité d'Américains.
Mais cela n'est pas si étonnant, si l'on réfléchit d'un peu plus près. Car finalement, Barack Obama n'a jamais vraiment voyagé plus loin que Chicago ou Washington. Il n'a que très peu mis les pieds hors des Etats-Unis, et pourtant, il est connu aujourd'hui dans le monde entier, et il a une image internationale, due en grande partie à son origine et son passé : un père kenyan ; élevé en Indonésie, puis à Hawaï ; mère américaine, etc... Malgré cette impression fausse de citoyen du monde, Barack Obama n'a que très peu d'intérêt pour les relations internationales, même s'il fait partie de la commission des Affaires étrangères au Sénat.

Aujourd'hui, un journal américain a même révélé que les conseillers de Barack Obama sur la politique extérieure sont en train de le former en catastrophe en quelques jours, avant son grand périple. Et cela sans doute pour éviter que dans son ignorance, le candidat ne commette un impair à l'étranger, voire une bévue : cela ne serait pas étonnant, tant les dernières heures ont montré qu'il n'avait aucune opinion réelle sur les problèmes diplomatiques, passant son temps à changer d'avis sur tout, le revirement le plus spectaculaire étant sans doute celui sur l'Irak. Finalement, il ne sera pas si pressé de retirer les troupes américaines s'il est élu en novembre;

Tout cela est-il sérieux ? Un voyage imaginé en toute hâte afin de le faire remonter dans les sondages sur les questions de politique étrangère, pour rassurer les électeurs récalcitrants : c'est donc la conception qu'a Monsieur Obama des enjeux internationaux. Nul doute que le sort des Français, des Allemands ou des Anglais à qui il rendra pourtant visite est bien le cadet de ses soucis... Ce qui comptera avant tout, ce sera l'image qui sera retransmise aux Etats-Unis : il pourra montrer, grâce à la complicité de quarante journalistes qu'il va emmener avec lui, qu'il est très populaire en Europe, que les Européens veulent qu'il soit élu pour changer le destin du monde, qu'eux ont tout compris, donc pourquoi les Américains ne le choisiraient-ils pas, cela serait bien le comble !
 Une fois de plus, une belle opération de communication certainement réussie, mais sur le fond... rien !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article