Lettre aux médias français

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« Barack Obama a pris son petit déjeûner avec des soldats américains à Kaboul » . » Barack Obama remercie Nelson Mandela d’avoir montré qu’on peut changer le monde ». « Barack Obama réussit à convaincre le premier ministre irakien de la brillance de son plan de paix pour son pays pourtant en guerre depuis cinq ans (information démentie depuis) ». « Barack Obama va prononcer un discours à la Porte de Brandebourg, non finalement ce sera au pied de la Colonne de la Victoire » ; « Barack Obama va être reçu à l’Elysée par le Président Sarkozy ».  « Les Européens convaincus qu’il peut révolutionner le monde votent à 70 % Obama » ; « Barack Obama ceci ; Barack Obama cela »…

 

N’en jetez plus ! On frôle l’overdose !

Il est compréhensible qu’en période de crise et de conflits, le monde veuille se trouver un sauveur, un homme providentiel, un Messie. Mais que l’on ne s’y trompe pas : Barack Obama n’est pas de ceux-là.

Sa tournée en Afghanistan, au Moyen-Orient et en Europe n’a qu’un but : convaincre les Américains récalcitrants, qui, contrairement aux Européens, n’ont pas compris le génie du grand homme. Il s’agit d’une intention tout à fait légitime pour un candidat à la présidence des Etats-Unis, mais qui  n’a rien à voir -comme on veut  nous le faire croire- avec la rédemption du monde.


Car Barack Obama, contrairement à ce à quoi on aurait pu s’attendre, ne décolle toujours pas dans les sondages : en moyenne, il n’a que deux à trois points d’avance sur John McCain. Pas normal pour celui que l’on a présenté comme le candidat du renouveau, et qui devrait caracoler en tête, loin devant l’autre candidat, incarnation d’une administration à bout de souffle, dont la politique intérieure et étrangère est un désastre reconnu comme tel par une majorité d’Américains.

Que se passe-t-il donc ?

 

Il se passe tout simplement un phénomène dont les médias français se gardent bien de rendre compte : Barack Obama ne parvient pas à mobiliser son camp, à le réconcilier, à le réunir, et à faire l’unanimité au sein de son propre Parti.

Alors que le camp Républicain, malgré les réticences de certains ultraconservateurs face à McCain, est déterminé à faire bloc pour conserver la Maison Blanche, le Parti Démocrate est presque toujours aussi divisé que pendant la campagne des primaires, la seule différence étant que cette division n’est pas officielle. Elle se ressent en coulisses : certains anciens partisans de Hillary n’ont toujours pas digéré la manière dont cette dernière a été purement et simplement éjectée, contrainte à concéder sa défaite, alors qu’elle a obtenu légèrement plus de voix que son rival si l’on compte en terme de votes populaires : plus de 18 millions d’électeurs se sont prononcés en sa faveur.

 

C’est donc une partie de ses supporters qui continuent aujourd’hui le combat : ils ont formé une véritable coalition anti-Obama, par l’intermédiaire de sites Internet, comme par exemple celui des PUMAS (Party Unity My Ass) qui chaque jour exprime sa détermination à obtenir du Parti Démocrate un vote démocratique lors de la Convention Nationale du Parti, à Denver, à la fin du mois d’août. Pour ces « Pumas » comme pour tous les autres opposants à Obama, rien n’est joué, car le sénateur de l’Illinois n’est pas le bon choix. C’est un candidat faible, inexpérimenté et incompétent, à l’ego et l’ambition démesurés, et les membres du Parti Démocrate ont le droit, d’après les règles qui régissent ce Parti, de changer d’avis et de se prononcer finalement en faveur de la sénatrice de New York lors du vote qui aura lieu à la Convention.

 

"Génération Obama", nous assène-t-on à longueur de journée, comme si tous ceux qui ne souscrivent pas devaient se sentir honteux !

Alors, s’il vous plaît, Messieurs et Mesdames des médias français, faites correctement votre travail, et cessez de nous inonder de cette propagande, de dérouler le tapis rouge pour la venue de Obama en France : il n’est pas encore président des Etats-Unis, rappelez-vous !

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