Au commencement était Seneca Falls...

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Ce week-end, toutes les femmes américaines célèbrent le 160ème anniversaire de la Convention de Seneca Falls.
Le mercredi 19 juillet et le jeudi 20 juillet 1848, les premières féministes américaines, dont les deux plus célèbres sont sans doute Elizabeth Cady Stanton et Lucretia Mott, organisèrent un rassemblement de plus de deux-cents femmes et une quarantaine d'hommes, pour ce qui reste l'un des grands moments du mouvement des femmes : la "Declaration of Sentiments" adoptée lors de cette convention dans l'Etat de New York.

Cette "Déclaration des Sentiments", calquée sur la "Déclaration d'Indépendance" de 1776, était un programme de revendications fondamentales sur l'égalité entre les hommes et les femmes. Pour ces pionnières du féminisme, cinquante ans avant les célèbres Suffragettes, il s'agissait de dénoncer l'asservissement de la femme par l'homme, et sa non-existence aux yeux de la loi : la femme était entièrement sujette et asservie à son mari, elle n'avait pas le droit de posséder des biens ni de signer un contrat. Mais cette Déclaration n'était pas qu'une condamnation de l'attitude des hommes, elle était surtout une liste de Résolutions, un appel à vivre en communion avec l'homme, dans le respect total de l'égalité entre les sexes. C'était un manifeste, tourné vers l'avenir, destiné à faire réagir les femmes, à les inciter à passer à l'action.


Les "dames de Seneca Falls" étaient donc les premières militantes : elles espéraient convaincre leurs compatriotes du bien-fondé de leur action, et les entraîner à s'impliquer dans leur combat visant à faire reconnaître les droits fondamentaux des femmes.

Aujourd'hui, beaucoup de femmes américaines doivent se souvenir de leurs illustres aînées : elles leur ont en quelque sorte montré la voie. Se moquant des quolibets qu'elles allaient à coup sûr recevoir, des sarcasmes dont elles faisaient l'objet, des insultes qui pleuvaient, elles ont bravé l'opposition de leur entourage pour redresser la tête et affirmer haut et fort la volonté de faire respecter leur dignité.

N'est-ce pas un mouvement similaire qui anime en ce moment même certaines femmes américaines ? Elles qui ont l'impression qu'on leur a "volé" en quelque sorte leur victoire, en tout cas la victoire de leur héroïne, celle en qui
elles avaient placé leurs espoirs les plus fous de se voir représenter tout en haut ?

Des millions de femmes ont voté pour Hillary Clinton lors des primaires. Des millions de femmes ont eu pour la première fois l'impression d'être concernées par une élection présidentielle, elles qui ne s'étaient jamais rendues aux urnes ou avec si peu de conviction...


Pour la première fois, elles ont pu s'identifier à une femme candidate à la plus haute fonction. Et elles ont vu leur souhait presque concrétisé, lorsque leur favorite a réussi à remporter le vote populaire. Elles ont pensé que leurs soeurs de Seneca Falls leur avaient ouvert la voie, que grâce à elles, elles étaient arrivées à l'impensable : une femme présidente des Etats-Unis.


Et elles ont songé que leurs aînées seraient fières d'elles...

Et tout à coup, que s'est-il passé ?
Leur rêve a été brisé. On les a négligées, méprisées. Leurs espoirs se sont envolés.
Des gens bien placés, aux manettes d'un Parti, ont décidé à leur place. Ils ont dit à la candidate qui se battait comme une vraie pionnère américaine de faire ses cartons et de laisser la place à un autre, parce qu'il fallait bien que le Parti s'unisse...

Bafouées. Beaucoup de femmes américaines s'estiment bafouées. Mais elles n'ont pas l'intention de rentrer dans le rang.
Car elles savent qu'une Américaine, cela ne renonce jamais : les exemples ne manquent ni dans la réalité, ni dans la fiction, que ce soit dans l'Histoire (merci Seneca Falls !), ou dans la littérature ou le cinéma...

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Fae 21/07/2008 00:15

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