Barack à Berlin... Angela en vacances !

Publié le

Barack Obama vient de rencontrer Angela Merkel assez brièvement ce matin...
La Chancellière s'est donc sentie obligée de recevoir celui que tout le monde considère déjà comme le futur président des Etats-Unis (au fait, on se demande pourquoi les Américains prendraient la peinde d'aller voter en novembre puisque tout est déjà acquis), malgré ses réticences. En effet, proche des Républicains, elle s'est arrangée pour se comporter de manière diplomatiquement correcte, c'est à dire de manière à ne froisser personne. Elle assurera néanmoins le service minimum. Ainsi, elle a d'ores et déjà annoncé qu'elle ne serait pas présente ce soir pour le grand discours de l'idole que tous les Berlinois attendent avec ferveur. L'excuse donnée est imparable, incontestable : c'est ce soir-même qu'elle a prévu de partir en vacances !

Le grand homme va donc s'exprimer ce soir sur la place de la Colonne de la Victoire, après avoir espéré un temps être admis à le faire en direct de la Porte de Brabdebourg, symbole de la réunification allemande, et surtout lieu de l'inoubliable discours de John Kennedy. Alors que son pays tout entier s'apprête à le célébrer comme il se doit, que le quartier a été bouclé pour empêcher toute manifestation intempestive, que sacs à dos et banderoles ont été interdits, et que 700 policiers ont été mobilisés pour l'occasion, la Chancellière allemande devra, elle, faire face à des préoccupations beaucoup plus prosaïques : son congé annuel estival. Quel affront fait à la nouvelle star planétaire ! A quoi pense donc Madame Merkel ?

En attendant, petite leçon d'histoire : la Colonne de la Victoire, dont devra se contenter le candidat Démocrate, n'est pourtant pas forcément un choix très judicieux. Même si elle se situe sur la place de la Grande Etoile, dans le quartier très branché du Tiergarten, point d'orgue de la Loveparade, célèbre fête techno berlinoise,  et donc qu'elle correspond bien au profil des électeurs de Obama (jeunes, branchés, Bobos), il faut quand même rappeler que cette colonne, dont la construction fut achevée en 1873, devint un symbole du militarisme allemand récupéré par les Nazis, puisque c'est Hitler en 1938 qui décida de la transférer au coeur du parc du Tiergarten.

Le choix du camp Obama laisse donc un peu pantois, si l'on se souvient que ce dernier arrive tout droit d'Israël : il était encore au pied du Mur des Lamentations ce matin-même, avant de s'envoler pour l'Allemagne. D'autre part, ce monument célèbre, entre autres victoires, celle acquise par la Prusse sur la France en 1871 ; or, juste après avoir prononcé son discours près de cette colonne symbole d'une défaite française, Obama s'envolera pour ... Paris !

Mais Obama ne se soucie guère de vexer Israëliens, Allemands, ou Français. Ce qui compte pour lui uniquement, c'est l'image que rapporteront les grands médias américains, dont un nombre impressionnant de représentants l'accompagnent...

Toujours est-il que c'est donc l'Allemagne que le super candidat  a choisi comme l'apogée de sa visite en Europe, puisqu'il y passera toute une journée, alors qu'il ne restera que cinq petites heures en France.
C'est à Berlin,  non à Paris qu'il a décidé de prononcer son grand discours destiné à séduire tous les Européens. Quel dommage sans doute pour le président français ! Pauvre Nicolas Sarkozy : il aurait certainement adoré se montrer aux côtés d'un Obama superstar, place de la Concorde par exemple, tandis que ce dernier s'adressait à  la France et aux Français qui l'adorent. Lui, au contraire d'Angela Merkel ne serait sûrement pas parti en vacances le même jour. Sans aucun doute la récupération politique ne lui aurait pas échappé : quoi de mieux que pour un président au plus bas dans les sondages que de se montrer avec l'idole du moment ?
Malheureusement pour lui, Obama a tranché : il n'accordera que quelques heures à Nicolas Sarkozy, et n'a même pas jugé bon de donner suite à l'invitation des Socialistes français qui eux aussi auraient bien voulu tirer profit de l'aubaine . Heureusement, (et généreusement) il a quand même daigné s'abaisser à donner une conférence de presse conjointe avec le président français.
Pas trop longue, quand même : mieux vaut pour lui ne pas oublier que dans l'esprit de beaucoup d'Américains, la France et les Français se caractérisent par un anti-américanisme exacerbé, surtout depuis le déclenchement de la guerre en Irak et le désormais fameux discours du premier ministre Dominique de Villepin devant les Nations-Unies.
Non, décidément, il n'aurait pas été très bien vu pour le candidat d'envoyer depuis Paris une carte postale trop "frenchie" à ses concitoyens : rappelons qu'en 2004, son prédécesseur John Kerry s'était fait moqué de lui pour ses lointains liens familiaux avec la France...

 
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article