"Des mots, des mots, des mots" : L'illusion de Berlin

Publié le

Barack Obama pensait qu'il pourrait l'emporter grâce à son discours de Berlin ultra-médiatisé. Mais maintenant, de retour sur la terre américaine, il est confronté à une réalité plutôt dure à avaler : loin de rassurer cette partie de l'électorat encore très méfiante à son égard, il semble que son voyage aura finalement eu un impact négatif sur sa campagne.

En effet, au lendemain de sa tournée en Europe et au Moyen-Orient, le sentiment généralement partagé par les journalistes américains et du monde entier est : le grand discours de Obama à Berlin n'a guère fait avacer sa cause dans cette élection présidentielle, et LE PART DEMOCRATE FERAIT BIEN DE NE PAS IGNORER CETTE EVIDENCE !
D'abord présenté comme un formidable succès, ce voyage a fini par mettre en évidence ce que les supporters de Hillary Clinton soulignent depuis plusieurs semaines : Obama n'est rien d'autre que "Des mots, des mots, des mots" pour reprendre une célèbre citation tirée du Hamlet de Shakespeare (Acte II scène 2). 

Ce qui ne devrait pas rassurer du tout le Parti Démocrate, c'est que même si Obama est considéré par une grande majorité d'Européens comme déjà élu président des Etats-UNis, les Américains ne sont toujours pas décidés croire en lui comme en leur Sauveur. Pire : beaucoup d'entre eux -y compris des journalistes ce qui est nouveau depuis le début de "la love story entre eux et le candidat- commencent à s'irriter fortement de son arrogance et de son égo surdimensionné.
Voici d'ailleurs l'une de ses dernières déclarations :
"C'est le moment...que le monde attend... Je suis devenu le symbole de la possibilité qu'a l'Amérique d'en revenir à ses meilleures traditions."
Obama se considère donc désormais comme "le sauveur du monde" alors qu'avant il se voyait seulement en sauveur de l'Amérique.

Le problème est qu'il ne parvient pas à convaincre ses concitoyens.
Les Démocrates devraient se rappeler d'une chose : l'Europe et le reste du monde ne sont pas les Etats-Unis !
En 2004, beaucoup de Français par exemple étaient persuadés que John Kerry, pourtant un candidat bien faible, gagnerait contre George Bush. On sait ce qu'il est advenu...
La plupart des commentateurs soulignent qujourd'hui un fait évident : si Obama devait être élu par les Européens, il deviendrait président très aisément. Le problème est que les Français, les Anglais, ou les Allemands ne votent pas !

Ce n'est pas parce qu'il est populaire en Europe, que les Américains le choisiront forcément. Comme l'écrit Pierre Rousselin dans Le Figaro :
"Le fait qu'il triomphe en Europe ne fat pas de lui nécessairement le prochain président des USA. Obama devrait faire attention à ne pas copier l'exemple d'hommes politiques qui sont peu à peu devenus plus populaires à l'étranger que dans leur propre pays : Tony Blair, Mikäïl Gorbachev, Lech Walesa."
Dans le journal Le Monde, il est même rapporté que non seulement le succès de Obama en Europe ne l'aide pas, mais pourrait en plus être un handicap dans sa campagne :
http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2008/07/26/le-succes-d-obama-en-europe-pourrait-le-penaliser-dans-la-campagne_1077653_829254.html#ens_id=904503
http://fr.novopress.info/?p=12351

Mais ce qui est vraiment nouveau maintenant c'est que même les médias américains commencent à avoir des doutes alors qu'il y a quelques semaines encore, ils donnaient l'impression de connaître déjà les résultats de cette élection. Le mot "scepticisme" vient d'apparaître, et quelques critiques se font désormais entendre sur l'incroyable arrogance de Obama.

Le problème est que jusqu'à présent, les Démocrates ont refusé d'admettre qu'il pourrait y avoir un "problème Obama".
Le problème est que jusqu'à présent, les Démocrates s'accrochent à leur choix : et ils refusent même d'envisager la possibilité de faire figurer le nom de Hillary CLinton sur les bulletins de vote lors de la Convention de Denver. Elle en a néanmoins parfaitement le droit, puique l'on rappellera que ni l'un ni l'autre des deux candidats n'a obtenu le nombre de délégués requis.

Comment expliquent-ils alors le fait que "la tournée présidentielle" de Obama ne lui a pas permis de gagner des points dans les sondages, bien au contraire ?
Il y a encore beaucoup d'électeurs traditionnellement Démocrates, comme les femmes et les ouvriers, qui ne croient pas dans l'illusion de Berlin.
On peut ainsi citer l'article du Christian Science Monitor "How Obama's Foreign Trip Plays at Home" qui reste sceptique sur l'impact qu'aura finalement ce voyage sur les électeurs, en particulier sur l'électorat que Obama n'a pas réussi à convaincre jusque-là: les ouvriers de race blanche.
http://www.csmonitor.com/2008/0728/p01s01-uspo.html
Vous vous rappelez, bien sûr, ceux qu'il a appelé "les gens amers" ?
Et comment expliquent-ils que John McCain, bien qu'il fasse à peine campagne, est en train de rebondir ces jours-ci, et que les deux candidats sont virtuellement à l'égalté dans les sondages ?
Et bien, en ce qui me concerne, j'ai une bonne explication : le camp Républicain est sûr que son candidat va gagner. Et s'ils ont tant confiance, c'est qu'ils savent que Obama n'a aucune chance d'être élu. Ou peut-être qu'ils préparent "une surprise d'octobre", sachant que certaines révélations lui seront fatales et qu'il leur faut attendre simplement le bon moment
.

Quelle que soit l'explication, ce ne sont pas des bonnes nouvelles pour les Démocrates.Alors, s'il vous plaît, Messieurs et Mesdames les délégués et superdélégués, réveillez-vous : vous n'avez qu'UN seul choix possible à Denver : et ce choix s'appelle HILLARY



Commenter cet article