En attendant Hillary...

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Hillary et Chelsea, au Pepsi Center, mardi, seulement quelques heures avant son grand discours.

La soirée aurait pu être très belle  pour tous les supporters de Hillary Clinton...
La sénatrice de New York doit prendre la parole en vedette à la Convention Démocrate de Denver, et bien entendu, son discours est attendu avec anxiété pas seulement par ses fans, mais peut-être plus encore par les partisans de Barack Obama.


Cependant, on peut déjà prédire que les deux groupes seront vraisemblablement déçus après l'avoir entendue.
Les supporters de Obama penseront sans doute qu'elle a été bien timide dans son soutien, même si elle dit le contraire. Ils considèreront qu'elle a fait ce qu'elle devait faire, sans plus.

Donc cela signifie que personne ne sera vraiment satisfait, certains ayant bien sûr davantage de regrets que d'autres.
Hillary, accueillant ses supporters à la réunion qu'elle a tenue avec ses délégués de New York, lundi, à Denver.

Mais ceci est, hélas, la situation du Parti Démocrate aujourd'hui : personne n'est content.
Et si l'on songe au spectacle qui est prévu ce soir : qui peut penser sérieusement que cela est autre chose qu'une mensonge, une mise en scène, tous les acteurs jouant leur rôle ?

Quand elle sera sur scène dans quelques heures, il n'y a aucun doute que tous les gens qui croient en elle tenteront de trouver un signe d'encouragement, une phrase, une expression, un mot peut-être dans ce qu'elle dit, qui leur indiquera qu'ils ont eu raison de se battre, que leurs efforts n'ont pas été vains. 



Malheureusement, j'ai bien peur que ce signe, si toutefois il existe, ne soit soit bien faible, pas très visible. Le genre de chose qu'on perçoit entre les lignes, un sens implicite.
Car Hillary Clinton a bien appris sa leçon : elle doit contribuer au message que le Parti tente de faire passer depuis le début de la Convention hier : l'Unité !
L'unité du Parti ?
N'en croyez pas un mot !
Ou bien, pour citer mes amis Pumas, je dirais : "L'unité du Parti, mon c... !"

Qui peut sérieusement être assez naïf pour imaginer que la réconciliation a eu lieu ?
On a appris récemment que la colère de Bill Clinton est toujours vive. Que cela est même devenu pire ces derniers jours. D'abord, parce que le camp Obama ne l'a même pas consulté sur le choix de Joe Biden pour la vice-présidence.
Ensuite, parce que Bill Clinton avait prévu de prendre comme thème principal, l'économie, pour son grand discours de demain, et en particulier il voulait rappeler à tout le monde comment l'économie américaine se portait mieux sous sa présidence. Selon lui, le camp Obama l'a totalement ignoré, lui et tout ce qu'il a accompli pour son pays pendant les huit ans qu'il a passés à la Maison-Blanche. Ce qui est une insulte pour le dernier président Démocrate. Les conseillers de Obama lui ont demandé de ne se concentrer que sur la politique étrangère dans ce discours, mais bien sûr, qui sait s'il va leur obéir ?


Et finalement, il est furieux parce qu'il pense toujours que Obama ne fera pas un grand président, s'il est d'ailleurs élu, ce qu'il ne croit pas une seconde, car pour Bill Clinton la seule capable de gagner cette élection, c'était sa femme.

Peut-être que Bill sera donc moins contrôlable que Hillary, parce qu'il sait qu'il n'a plus rien à attendre du Parti Démocrate. Il est donc libre de donner libre cours à sa rancoeur et à son ressentiment demain soir.


Hillary, au contraire, éprouve certainement la même rancoeur, mais elle ne peut pas le montrer trop visiblement. Elle devra s'engager à travailler à l'élection de Obama en novembre. Elle devra déclarer qu'elle croit qu'il est capable de faire un très bon président même si elle n'en pense pas un mot.


Mon seul souhait ce soir, en attendant son discours, c'est qu'elle n'oublie pas la déception de ses supporters, et leur rage, et surtout qu'elle cesse de leur demander de voter pour Obama avec enthousiasme !
Elle doit se rappeler une chose très importante: leur vote leur appartient, et elle ne peut pas les convaincre de faire une chose qu'il leur est impossible de faire : voter pour l'homme qui l'a empêchée de devenir la première femme Commandant-en-Chef de toute l'histoire des Etats-Unis...

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